Gazette 1

Le début du mois a été marqué par une mobilisation significative des enseignants du primaire et du secondaire, en France comme dans les établissements français à l’étranger. En Tunisie, plus d’un tiers des collègues ont exprimé leur ras le bol. Il s’agissait surtout de protester contre cette dévalorisation croissante que nous vivons. Dévalorisation de nos salaires bien sûr, du fait d’un gel désormais antédiluvien du point
d’indice. Notons qu’en dix ans, c’est un mois de salaire qui a été perdu !

Mais dévalorisation aussi par le manque grave de considération que nous subissons, de la part des parents, de l’administration, et quelquefois des élèves et de nos directions respectives... De la part des parents qui menacent cinq de nos collègues pour des propos que l’on déforme et que l’on sort de leur contexte. De la part de l’administration à travers l’infantilisation des collègues dans la pratique des entretiens de l’A.E.F.E. pour des postes d’expatriés dont la prime n’était au départ que la conséquence normale de la mobilité exigée, et certainement pas une récompense pédagogique ! L’administration encore, lorsque l’A.E.F.E. décide de manière arbitraire et sans respecter les usages, de ne pas renouveler le détachement de quatre de nos collègues, au Brésil, au Cameroun, en Espagne...dont le seul tort a été d’être représentant du personnel ou, pire encore, d’avoir déplu à des parents influents. Des élèves dont les actes d’incivilité se multiplient dans un
de nos établissements sans que la direction ne s’en émeuve outre mesure, et même qui, dans un premier temps, donne souvent l’impression de minimiser ces actes au détriment de l’autorité des collègues. Nos directions dans un autre établissement, qui nous
donnent désormais l’injonction de justifier nos notes en dessous de la moyenne ou qui ferment un parking sans préavis, sans communiquer,
et dont un membre vilipende une collègue représentante de la F.S.U. en primaire, qui a le malheur de demander pour quoi... Il est grand temps que cette schizophrénie de la société envers ses enseignants cesse, que l’on comprenne que seuls le respect, la compréhension et le soutien de tous, nous permettront d’exercer correctement notre m étier, qui est de transmettre le savoir, la connaissance, et les valeurs
républicaines, dont l’actualité récente montre que nous en avons tant besoin.

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